Teshima 2017

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Jeudi 23 Novembre 2017


 

Aujourd’hui, direction Teshima, une île de la Mer Intérieure de Seto qui accueille elle aussi, comme ses copines que j’ai visitées les jours précédents, le festival d’art contemporain, la Triennale de Setouchi. Mais cette fois-ci, contrairement à Ogijima et Naoshima, c’est la première fois que je vais à Teshima et ça tombe bien, pour une première rencontre il fait hyper beau.

 

Au port de Takamatsu, le ticket et l’embarquement se trouvent à droite du « Liminal Air Core » au deuxième embarcadère flottant, le plus à droite.
Je suis un peu déçue qu’il n’y ait pas de ferry pour y accéder mais seulement des petits bateaux rapides et complètement clos. Du coup, on est enfermés à l’intérieur avec des giclées de flottes sur les vitres pendant une petite heure. Rien à voir avec les gros ferries où l’on peut se déplacer à l’extérieur et apprécier la super vue sur la multitude de petites îles tout autour. En plus le highspeed boat est bien plus cher. Il en coûte 1330 yens pour le trajet au lieu des quelques 500 pour Naoshima ou Ogiima.
Vu sa petite taille, le bateau est rapidement plein à craquer. Heureusement que nous n’étions pas trop nombreux, environ une petite cinquantaine à nous installer dans les deux niveaux du bateau. Il y a bien quelques places sur un ponton à l’arrière mais personne n’a pris le risque d’y aller vu comment les vitres étaient fouettées par les projections d’eau.


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On arrive enfin au bout d’une heure au port de Ieura et un délicieux vent glacé nous accueille.

Comme tout est toujours bien pensé au Japon les vélos nous attendent à notre arrivée. Je choisis cette fois-ci le luxe d’un vélo électrique à 1000 yens les quatre heures car il y a pas mal de côtes tout le tour de l’île et bon ça reste des vacances hein.

Une fois le vélo apprivoisé, je pars du port que je visiterai au retour en direction du Teshima Art Museum vers Karato. Déjà rien qu’avec ce ciel bleu, la mer, les maisons, rizières et falaises, je suis pas mal. De plus il n’y a vraiment pas grand monde sur cette île et ça change de Naoshima où c’était bondé.


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C’est tellement chouette de pédaler sur ces vélos électriques que je loupe le premier art-work en extérieur car j’ai roulé trop vite. Bon je m’en remets vite car je passe à côté d’un petit temple et d’un chouette café qui fait sa propre expo de scaphandres.


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C’est en arrivant à Karato-oka que je m’arrête pour voir la première création, « Particles in the air ». Bon, je suis pas hyper emballée par ces constructions en ferrailles en forme d’anneaux perchés.


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Je vais donc au Teshima Art Museum un peu plus bas en espérant que les freins qui couinent vont tenir dans la belle descente. L’entrée est à 1540 yens, c’est assez cher quand même pour mon budget mais des amis m’en avaient parlé avec enthousiasme.


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Je suis un peu circonspecte quant à mon expérience du lieu. Il est vrai que ces grosses coquilles blanches immaculées (représentant une goutte d’eau) posées sur un tapis d’herbe, c’est très esthétique et bien sûr lorsqu’ on pénètre à l’intérieur de cette coquille c’est magique mais tout le cérémonial imposé par les employés du lieu m’a un peu dégrisée.

La personne à la billetterie m’a expliqué d’un ton très froid et coincé ce qui n’est pas habituel au Japon, qu’il fallait impérativement respecter le sens de la visite et qu’il ne fallait pas prendre de photo à l’intérieur de l’œuvre. Bon c’est un peu frustrant même si une photo ne reflètera pas les impressions ressenties.  Après un itinéraire assez court qui nous fait passer par un bosquet, je me présente à l’entrée et on m’invite à me déchausser puis on me rappelle à nouveau de ne pas prendre de photos et de faire très attention où on met les pieds car il y a quelques rares objets posés au sol.
Je range mon gros Nikon mais j’ai mon petit canon planqué dans la poche. Maline !
Je rentre dans l’Oeuvre : Il s’agit d’un espace bétonné en forme de grande coupole avec deux grands trous ovales au plafond assez bas par où passe le soleil. Par terre, du béton aussi et certains endroits sont recouverts d’eau sous les grands trous. on pourrait penser que cette eau vient de la pluie récente mais pas seulement. Car au sol de minuscules gouttes sortent imperceptiblement du béton par des trous invisibles si on ne regarde pas de très près et la surface extrêmement lisse et hydrophobe oblige les gouttes à dévaler sur le sol en très légère pente et rejoindre d’autres gouttes. Ainsi se créent des minis rigoles qui aboutissent toutes sous les ouvertures du plafond.
Et c’est ça qui est magique, de les voir courir, glisser, grossir en se rejoignant avec une impression de matière vivante.
Le lieu est très grand et nous ne sommes que trois personnes. Un luxe !
Et la maline que je suis, avec son canon planqué dans la poche ne peut pas prendre de photo car une des trois personnes est là pour repérer les filous et surveille scrupuleusement les visiteurs ….
Mais les photos ne pourraient montrer ces mouvements d’eau qui me faisaient penser aux boules de suie dans Chihiro ou encore à du mercure sur le sol.


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Finalement je me sens plus à l’aise dans les rizières situées tout à côté du musée. J’y retrouve ma liberté de mouvement et les lieux ne sont que pour moi.


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Le point de vue est juste grandiose avec la mer bleue, les rochers et les rizières qui même coupées en jettent pas mal.

Pause pique nique. Il n’y a personne et à part le vent glacé c’est ultra cool.


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Le parcours emmène vers un petit village typique Karato, avec ses mini ruelles et vieilles maisons traditionnelles où se trouvent deux œuvres. L’une est un restaurant de produits de l’île et l’autre juste à côté est une mini maison ou plutôt un mini grange exiguë avec de très vieilles poutres au plafond où est suspendu un cercle blanc sur lequel est projeté un film tourné avec un objectif fisheye. Bon j’ai essayé de m’y plonger mais deux personnes sont rentrés dans le mini local et ont eu droit à une interminable explication de l’œuvre qui m’a déconnectée. Ici c’était 300 yens partis très vite.


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Une autre oeuvre que je voulais voir était « la forêt des murmures » avec des clochettes suspendues. Mais je me suis d’abord perdue en vélo puis au final comme il fallait y aller à pied pendant 2 km aller-retour, je me suis prétextée que je n’avais pas le temps … hum ou la flemme.

Je préfère faire du vélo le long des côtes car ça c’est juste magnifique. Un petit détour par le port de Karato où se trouve une autre œuvre gratuite : le « Multibasket ». Absurde comme j’aime !


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Au final je reviens assez tôt au point de départ. Je rends mon vélo et la jeune femme ne me facture pas le dépassement d’heure de location parce que voilà c’est comme ça ici, les gens sont sympas.

 

Je vais a pied donc me balader dans le petit village du port repérer les deux expos que j’ai vues sur le site de la triennale. La première est une maison de style japonais mais revue a la sauce Gaudi, la Yokoo House. Avec un magnifique jardin dont les rochers qui bordent le bassin sont peints de couleur rouge sang et doré. Le fond du bassin est recouvert de mosaïques de toutes les couleurs et le bassin se prolonge en petite rivière qui passe sous le plancher de la maison qui est en verre. Rien que le jardin c’est hallucinant mais moins encore que le plancher de verre de la maison qui permet de s’asseoir sur la rivière et de contempler les mosaïques et les carpes.
Bien sur là aussi pas de photos et un gentil jeune homme est là aussi pour surveiller et éventuellement donner des renseignements sur les œuvres exposées : des peintures grand format sans grand intérêt pour moi.
Le créateur a aussi fait construire une tour circulaire de 15 mètres de haut et de deux-trois mètres de diamètre sans aucune fenêtre et dont les parois intérieures sont entièrement recouvertes de cartes postales représentant toutes des chutes d’eau du monde entier. Sacré concept mais complètement délirant.


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Je pars ensuite dans un café aménagé très psychédélique de Tobias Rehberger avec toutes les surfaces du rez de chaussée et du premier étage ainsi que la terrasse recouvertes de formes géométriques noires, blanches et fluos. Accueil speed mais sympa d’un vieux monsieur japonais. Le bar était fermé et je n’ai pas pu prendre de café mais c’est vraiment pas grave car ici au moins j’ai pu prendre plein de photo et on m’a même encouragée à le faire.
Je remercie le monsieur en lui disant que j’ai beaucoup aimé le lieu et il avait l’air très content mais je n’ai rien compris a ce qu’il m’a dit.


teshima-2017-tobias-rehberger
teshima-2017-tobias-rehberger

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C’est assez marrant d’ailleurs comme les japonais qui engagent la conversation (car cela arrive quand même, dans les bocaux fumeurs des trains très exigüs par exemple), continuent souvent de me parler en japonais alors que je leur ai bien précisé que je ne comprenais pas. Cela fait des conversations d’un style très Monty Python.

Ma visite de Teshima se termine un peu plus tôt que prévu et je décide finalement de rentrer peut-être à cause du vent glacé.

Pour le retour, je vais la jouer fine et au lieu de prendre le highspeed boat jusqu’à Takamatsu, je prends celui de 16h15 qui arrive à Naoshima à 16h37 pour ensuite pouvoir profiter du ferry de 17h00 vers Takamatsu. Cela m’évite d’attendre deux heures dans le vent glacé et en plus c’est un peu moins cher. Mais c’est surtout plus sympa de prendre le ferry.